"Pour survivre, les Himbas doivent avoir les pieds enracinés dans leurs traditions et les voix qui portent jusqu’aux grands pays au-delà de la grande mer..."

Kovahimba, l'association ayant pour but d'aider les Himbas, peuple nomade de Namibie
logo-droite
Peuples.org
LOGO-KOVAHIMBA-2008

DVD "Les Himbas font leur cinéma !" avec 40' de bonus,  en vente sur notre site  PLUS D'INFOS ICI

Les Himbas et le barrage d'Epupa

Epupa.jpgLe barrage d'Epupa

 

L’idée de la construction d’un barrage à Epupa, sur le fleuve Kunene, frontière entre la Namibie et l’Angola, est un vieux projet qui date des années 20. Elle a été reprise après l’indépendance par la jeune Namibie qui, pour s’affranchir de la domination économique sud-africaine, souhaitait devenir énergétiquement indépendante.

 

En plus d’avoir des conséquences désastreuses sur l’environnement naturel (destruction d’un milieu aquatique, d’une avifaune, d’une faune et d’une végétation terrestre endémique) et d’inonder le site magnifique d’Epupa et ses chutes, la construction du barrage serait dramatique pour la société Himba.
 
Selon le projet retenu, il inonderait entre 200 Km2 et 380 Km2 des meilleurs terres de pâturage et détruirait aussi la végétation riveraine sur près de 60 km en aval. Cette végétation compte plusieurs plantes indispensables à l’alimentation du bétail ainsi que des palmiers des fruits desquels les Himbas se nourrissent. 700 Himbas vivent dans la région qui serait inondée, mais plus de deux mille sont directement concernés par la disparition des ressources écologiques. Près de 160 tombes Himbas, parmi lesquelles celles de quelques ancêtres de la plus haute importance se retrouveraient ainsi sous les eaux. La perte de leurs terres et la disparition des tombes est l’argument que mettent le plus souvent en avant les Himbas pour insister sur les conséquences négatives du barrage. Les croyances Himbas sont en effet basées sur le culte des ancêtres et les obligent à se rendre plusieurs fois par an sur les tombes de leurs morts. Ils ont rapidement compris que les occidentaux pouvaient être très sensibles à la disparition des tombes.
 
 
Les organisations non gouvernementales ont avancé d’autres arguments contre le barrage que les Himbas ont plus de difficultés à concevoir : l’existence d’un lac serait favorable à la propagation de maladies, comme le paludisme. La présence de près de dix mille travailleurs d’autres régions et de leur famille pendant un minimum de six années - le temps de la construction du barrage - favoriserait aussi le développement de nouvelles maladies et notamment des MST. Les infrastructures et aménagements engendrés par un tel afflux de population bouleverseraient l’équilibre naturel et les structures économiques de la région, provoquant des changements que la société Himba n’est pas en mesure d’absorber de façon aussi rapide.
 
Les réactions de protestations contre le barrage ont été d’autant plus violentes que des études ont montré qu’il existe d’autres alternatives moins coûteuses et moins dommageables pour l’environnement pour produire de l’électricité. En dépit du tollé de nombreuses ONG, le projet du barrage d’Epupa a été voté en 1997. Il était prévu alors que les travaux commenceraient avant l’an 2000. Mais le désengagement de la Banque Mondiale, la reprise de la guerre en Angola, qui avait tendance à déborder sur le territoire namibien, ainsi que l’implication de la Namibie dans le conflit des Grands Lacs, a donné d’autres priorités au pays.
 
En janvier 2007, le projet du barrage d’Epupa est officiellement toujours à l’ordre du jour, même si d’autres options sont aussi étudiées. Le combat des Himbas et de ceux qui les soutiennent pour empêcher sa construction a eu des conséquences positives. Lors des premières réunions contre le barrage, ils n’avaient de cesse de se disputer pour savoir qui était Himba et qui ne l’était pas. Ces débats ont fait émerger une minorité consciente, ne pouvant plus ignorer le monde extérieur.
 
Mais le gouvernement a entamé en 2005 un grand projet de désenclavement de la région du Kunene, avec construction d’un réseau routier, développement de la capitale régionale d’Opuwo, politique de l’école obligatoire pour les Himbas. Le Sida a fait son apparition et commence à se propager dans les rangs de la population Himba. L’alcool, l’afflux de travailleurs extérieurs, le développement du tourisme, et tous les mirages de la société de consommation, mettent à mal les structures traditionnelles et éloignent les jeunes Himbas de leurs ancêtres. Au point que certains aînés considèrent aujourd’hui le projet du barrage d’Epupa comme un problème dépassé, dès lors que les aménagements du territoire auront produit leurs effets nuisibles.
 
D’autres, telle Katjambia Tjambiru, première femme Himba élue chef d’un important territoire, refusent une telle éventualité et sont prêts à défendre âprement leur identité et leur culture.
Mentions légales - Connexion - Plan du site - Site hébergé par OVH